Hygiène/Beauté

Les vêtements d’occasion

Renouveler sa garde robe n’est pas chose aisée de nos jours. Pour les fashion victims, la mode change tellement vite que se tenir à la page est devenu un job à temps plein ! S’habiller en mode Zéro Déchet, c’est possible et c’est même devenu nécessaire. En effet, la mode est une des industries les plus polluantes sur Terre… 

Comment résister à la tentation quand les soldes arrivent et que les vitrines magnifiques des petites boutiques en ville nous attirent comme des mouches sur une tartine pleine de confiture ? Je vais vous donner dans cet article quelques trucs et astuces pour renouveler votre garde-robe à petits prix et surtout de façon plus écologique. 

Pour cela, il faut penser le plus possible : seconde main !

Je vais préciser tout de suite un point : je ne ferai pas l’apologie des start-up et marques qui se sont lancées dans la confection et vente de vêtements réalisés à partir de fibres recyclées ou de matières nobles avec toute la production locale/made in France. Bien que je trouve l’initiative géniale, et que cela révèle une grosse prise de conscience, je veux privilégier dans cet article les vêtements qui existent déjà et ce qu’on en fait.

Pourquoi les vêtements de seconde main ?

D’après le rapport de Thred Up, une plateforme de vente de mode entre particuliers, le marché des vêtements de seconde main devrait être plus lourd que celui de la fast fashion (voir ci-dessous) en 2028. Les populations sont de plus en plus intéressées par cette denrée largement présente dans nos placards encombrés et qui ne demande qu’à être valorisée. Et pour cause !

Ces dernières années, des scandales ont terni quelque peu la réputation de l’industrie du textile, notamment avec l’effondrement de l’usine de Rana Plaza au Bangladesh en 2013  ayant provoqué la mort de plus de 1100 ouvriers. Cet événement a mis en lumière les véritables conditions de travail des « petites mains » qui fabriquent les vêtements que nous portons au quotidien, et permis le soulèvement des consciences. Même si la mode a depuis fait des efforts, on est encore loin de pratiques irréprochables d’un point de vue social et surtout environnemental. Le bilan est, à l’heure actuelle, encore trop lourd :

  • Les produits chimiques utilisés tels que le chrome VI lors du tannage du cuir ou encore lors de la teinture sont cancérogènes si inhalés, et peuvent créer des démangeaisons et des brûlures lorsque le textile est en contact avec la peau. Et encore, je ne parle que du chrome mais d’autres métaux lourds sont concernés.
  • Les produits chimiques relâchés par les usines dans les cours d’eau les rendent inexploitables par les populations locales, déjà défavorisées. En plus des odeurs, l’insalubrité augmente autour de ces cours d’eau, le nombre de maladies (et de morts) aussi. Mais d’après un rapport de Green Peace, ces substances seraient surtout de gros perturbateurs endocriniens qui rendent ces populations stériles.
  • Les produits sont encore trop souvent importés des pays asiatiques (la réputation du « Made in China » n’est plus à faire), ce qui engendre des kilomètres de transport pour qu’ils parviennent jusqu’aux pays occidentaux, et donc bien sûr toujours plus d’émissions de gaz à effet de serre.
  • Les ouvriers des usines de textile sont des hommes et des femmes, mais également des personnes très âgées et aussi des enfants. Même si des contrôles sont réalisés, il arrive encore trop souvent de trouver des enfants qui vont à l’école le jour et qui travaillent à l’usine la nuit.

En France, c’est 600 000 tonnes de nouveaux produits textiles et chaussures qui sont mis sur le marché chaque année alors que 70% de nos penderies sont inutilisées. Il y a donc évidemment un trop plein de vêtements et chaussures qui sont produits chaque année, c’est du gaspillage dont nous, les consommateurs, sommes en partie responsables. En achetant en période de soldes ou lors du Black Friday, nous cautionnons non seulement cette hémorragie mais en plus nous l’encourageons. 

C’est bien mignon de se révolter contre les conditions de travail terribles ou encore la pollution des usines de textile, mais maintenant il est temps de passer aux actes. Et le 1er geste à faire, simple mais lourd de conséquences, c’est REFUSER ce surplus de vêtements (1er geste de notre règle des 5R du Zéro Déchet). Je ne dis pas qu’il faut stopper la création, dire au revoir à la mode mais tout simplement qu’il faut ralentir et modérer notre consommation. Sauvons de l’incinérateur des milliers de vêtements !

Qu’est-ce que la fast fashion ?

La fast fashion, c’est un phénomène que nous vivons actuellement basé sur la surconsommation du vêtement. C’est tout simplement le fait que les grandes marques se renouvellent sans arrêt. Les « nouvelles » collections ne le restent que peu de temps, quelques semaines tout au plus. Il faut produire toujours plus de vêtements, ce qui est, entre autres, à l’origine des conditions de travail désastreuses et de la matière de mauvaise qualité, car c’est une véritable course contre la montre : faire toujours plus et la qualité on verra après (d’où une certaine obsolescence programmée de nos vêtements). En opposition avec la fast fashion, la slow fashion revendique une mode raisonnée en produisant moins, mieux, de manière durable et éthique. 

Avantages

Ce n’est pas parce qu’on n’achète pas du neuf que c’est forcément moins bien, au contraire !

C’est le 1er gros avantage de l’achat d’occasion bien entendu ! En offrant une seconde vie au vêtement que vous venez d’acheter, vous évitez son incinération et donc les émissions de CO2 liées. Mais vous évitez également celles liées à son transport pendant sa fabrication et pour son acheminement (voir la vidéo du parcours d’un jean pendant sa confection présentée par Jamy Gourmaud dans les sources à la fin de l’article). Sans oublier la pollution des cours d’eau en sortie des usines. Certes, ce n’est pas en évitant d’acheter un seul jean ou sweat que les usines polluantes vont fermer du jour au lendemain. Mais il est sûr que le marché de la seconde main est grandissant et que tôt ou tard, les grandes marques de la mode devront écouter leurs clients pour éviter que leur chiffre d’affaires ne baisse de trop.

C’est bien sûr le 2e gros avantage des achats d’occasion ! En effet, certains vendeurs (souvent les particuliers) bradent les prix des vêtements qu’ils vendent parce que leur objectif principal est de s’en débarrasser au plus vite (déménagement ou besoin urgent de faire de la place). Mais c’est tant mieux pour nous les chineurs ! N’hésitez pas à guetter des occasions comme les grandes braderies (je recommande vivement celle de Lille que j’ai pu découvrir grâce à ma petite sœur) ou bien à farfouiller sur des sites de ventes d’occasion tels que Vinted  (devenu la référence) ou encore Leboncoin.

Certains vêtements que vous allez dénicher lors de vos sorties dans les braderies ou les friperies peuvent être de véritables pièces recherchées d’anciennes collections qui rajouteront du cachet et du style à votre look déjà bien travaillé. Et si le style vintage n’est pas ce qui vous intéresse, la mode se recycle et surtout, il n’est pas impossible de trouver des vêtements en friperies ou dans les boutiques solidaires alors qu’ils sont encore dans les boutiques de vente neuve. 

Si les applications comme Vinted fleurissent de plus en plus ces derniers temps, c’est parce que nous, consommateurs, avons le pouvoir d’influencer les pratiques (même si nous avons un peu trop tendance à l’oublier). Eh oui, notre demande influence l’offre et nous devons poursuivre dans ce sens, démocratiser de plus en plus la seconde main pour que les grandes enseignes se plient à cette demande et produisent des produits en accord avec les valeurs que recherchent les clients que nous sommes. Boycottons les marques qui se sentent peu concernées par l’exploitation des mineurs et le devenir de notre planète, inversons la tendance au lieu de la suivre.

Sans vouloir critiquer les vendeurs et vendeuses des boutiques de grandes marques, je trouve personnellement que l’ambiance est différente dans les petites boutiques éthiques ou dans les friperies. Je mets ça sur le compte du partage de valeurs, on se comprend mieux, chacun fait un geste à sa manière en étant dans ladite boutique. Et puis il s’agit souvent des artisans qui veulent changer le monde à leur échelle, donc ce sont des gens passionnés qui veulent échanger avec vous sur leur savoir faire. Les friperies, quant à elles, ont leur ambiance souvent rétro assez décalée et sympa je trouve aussi. Enfin, ce n’est que mon ressenti !

Inconvénients

Malgré les nombreux avantages qu’apportent les vêtements d’occasion comme démontré ci-dessus, il y a malgré tout et comme toujours un revers de la médaille, quoique négligeable devant les arguments pro.

Qui dit vêtement déjà porté dit souvent vêtement accompagné de l’odeur de son propriétaire précédent. Que ce soit une odeur de lessive, de parfum ou autre, il faut pouvoir accepter ce fait au moment de l’achat et passer outre le fait que le vêtement ait appartenu à quelqu’un d’autre. Ça peut paraître anodin, mais pour certains cela peut créer une véritable barrière psychologique à l’achat.

Lorsque vous achetez un vêtement d’occasion, il se peut qu’il ait des défauts liés à l’usure (un pull qui bouloche, un trou, la laine étirée à un endroit à cause d’un accroc…). Sur le marché de l’occasion, il est rare de trouver tout une zone avec le même vêtement dans une multitude de tailles différentes. Donc avoir des aptitudes en couture ou connaître un ami qui sait y faire avec une machine à coudre peut se révéler très utile ! 

Il est possible que vous tombiez sur des pièces qui appartiennent littéralement à un autre temps ou une autre époque ! Si vous ne vous intéressez pas trop à la mode, il peut vous être difficile de marier correctement une pièce vintage avec le reste de votre tenue, et risquer alors le fameux « fashion faux pas ». Mais oui, il faut avoir en tête quand on fait le tour des friperies ou des sites de revente de vêtements qu’on ne trouvera pas nécessairement les dernières pièces des boutiques à prix imbattables. Pas nécessairement…

Pour le coût, chiner est une activité qui peut durer des heures dans les friperies ! Je mentionnais les pièces vintage dans l’onglet précédent, elles sont parfois une véritable denrée rare qui viendra compléter parfaitement votre tenue stylée et branchée. Mais pour trouver cette perle rare, cela vous demandera de chercher, fouiller, soulever, découvrir, reposer, rechercher, désespérer… Mais bon, vous pouvez tout aussi bien vous retrouver dans la même situation pour une question de taille, de couleur, de matière…

C’est un de mes plus gros inconvénients : j’ai du mal à trouver parfois des vêtements à ma taille, c’est-à-dire qui correspondent à ma morphologie (surtout les pantalons snif). L’essayage des vêtements de seconde main est un peu plus compliqué que pour les vêtements neufs, achetés en boutique. Même si certaines friperies ont des cabines d’essayage, ce n’est pas le cas pour toutes. Et puis si vous achetez vos vêtements en ligne, c’est également délicat car vous devez attendre d’être chez vous pour les mettre.

Quelques chiffres

Parce qu’une image parle plus que du texte :

Quelques sources

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