Technologie

L’ordinateur Zéro Déchet

Votre ordinateur Zéro Déchet, c’est votre ordinateur. Tout pareil, sauf qu’il est un peu plus respectueux de la planète ! Je ne parle pas du dernier modèle high-tech, des marques les plus prisées, je parle de votre ordinateur actuel, celui qui est déjà en votre possession, et surtout je parle de la façon dont vous vous en servez. Car oui, votre comportement numérique a un impact sur la planète lorsque vous utilisez votre ordinateur. Dans cet article, je vais récapituler ce que j’ai appris à ce sujet et surtout je mettrai en évidence les quelques gestes et attitudes que vous pouvez adopter si vous souhaitez réduire votre impact numérique.

Quel est notre impact ?

Je vais revenir avec vous sur les trois principaux impacts environnementaux qui sont liés à nos clics intempestifs :

Il faut savoir que les équipements qui nous permettent d’avoir accès à internet, qu’on appelle dans le jargon informatique « hardware », ont une plus grande empreinte environnementale que le software (la partie logicielle et immatérielle). Du moins pour l’instant. Ce coût est notamment lié aux matériaux nécessaires à la fabrication de ce matériel. En effet, la partie électronique qui est au cœur des appareils comporte des pièces faites de terres rares, une famille de métaux dont font partie le cuivre ou le silicium par exemple. Le problème, c’est que l’extraction de ces terres rares est très polluante ! D’une part, elle se fait dans des mines qui fragilisent les sols, ayant recours à des techniques explosives et à base d’acide injecté dans la terre. D’autre part, des remontées radioactives polluent l’air autour de ces mines et causent de nombreux problèmes de santé auprès des populations locales (il s’agit en général des villages des travailleurs). À cela, rajoutez les brûlures dues aux éclaboussures d’acide qui rongent les maigres protections des mineurs, dont le salaire est loin d’être à la hauteur des risques sanitaires qu’ils prennent. Ce type de matériaux est un business en pleine expansion car la demande est grandissante : en 2010, on dénombrait plus d’1 appareil par personne sur Terre ! Et nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre et nous voulons toujours plus d’ordinateurs et de smartphones par personne… Donc le coût environnemental et humain lié au hardware sera probablement d’autant plus élevé dans les années à venir.

Pour nous, les utilisateurs d’Internet, un clic sur une page ne représente pas grand chose. Et pourtant, derrière les écrans, ce sont d’immenses quantités de données informatiques générées, qui parcourent en moyenne 15000 km à travers le monde chacune, et surtout qui sont stockées chaque jour à chaque seconde. Et cette quantité de données a augmenté depuis l’invention du cloud qui nous permet d’avoir accès n’importe où et n’importe quand, avec une simple connexion internet, à nos photos de vacances, nos papiers administratifs numérisés ou encore nos musiques préférées. Mais pour permettre cette disponibilité h24 de l’information, toutes ces données sont enregistrées dans des data centers : ce sont d’immenses hangars qui sont remplis de baies informatiques dans lesquelles s’empilent les serveurs où sont rangées ces informations numériques. En plus de prendre énormément de place, ces data centers doivent être refroidis car les serveurs qui tournent sans interruption chauffent et risquent donc de tomber en panne et alors là, catastrophe ! Une partie de la population n’aura plus accès à ses données instantanément ! Donc ils sont maintenus constamment à une température avoisinant les 22°C, ce qui génère de fortes émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique. De plus, ces data centers sont pour l’instant encore largement alimentés avec des énergies fossiles qui sont néfastes pour notre santé et notre environnement. Même si les grands du web tels que Facebook ou Google se sont engagés à convertir leur production fossile en renouvelable, on est aujourd’hui encore loin du compte à l’échelle planétaire. 

Mine de rien, nos appareils ont besoin d’être rechargés. Souvent. Surtout ceux souffrant d’obsolescence programmée. Mais cette recharge électrique a un coût économique et environnemental. Je m’explique : un chargeur d’ordinateur ou de smartphone branché “à vide” (c’est-à-dire branché à la prise de courant mais sans aucun appareil à son autre extrémité) consomme tout de même de l’électricité, ceci en raison du transformateur situé dans le chargeur et dont le rôle est “transformer” la tension électrique 230V reçue en une tension plus basse adaptée à nos appareils. Tant que le transformateur reçoit de la tension, c’est-à-dire tant qu’il est branché, il continuera de faire son job et de convertir la tension, mais la tension abaissée ne sera distribuée à personne : c’est un gaspillage électrique. Et c’est en quelque sorte le même principe pour les appareils qui sont en veille. D’après l’ADEME, en tenant compte du nombre grandissant d’appareils électroniques par foyer, l’ensemble des consommations type veilles conventionnelles* incluant les chargeurs branchés à vide pourrait coûter jusqu’à 80e par an par foyer. Par ailleurs, les producteurs d’énergie électrique produisent plus afin de satisfaire une demande fantôme. En France, l’énergie électrique est encore aujourd’hui aux trois quarts d’origine nucléaire. Donc réduire cette demande involontaire d’électricité permettrait de réduire la production d’électricité nationale qui est majoritairement nucléaire et donc de faire des économies de combustible…

*veilles conventionnelles : Appareils éteints mais tout de même branchés (ex : box TV, écran d’ordinateur/TV …)

Comment réduire notre impact ?

Rassurez-vous, même si le Zéro Déchet n’est pas encore compatible à 100% avec l’utilisation d’Internet, il y a tout de même des petites habitudes que vous pouvez adopter pour réduire votre empreinte carbone lorsque vous naviguez sur la toile. En voici quelques exemples :

Evitez les envois et les réceptions de mails inutiles (désabonnez-vous des newsletters qui ne vous intéressent plus), limitez les contacts lorsque vous adressez un mail et réduisez le nombre d’images qu’il contient (notamment dans les signatures électroniques) ainsi que la taille des pièces jointes. Et encore mieux, si vous pouvez voir la personne en face, utilisez une clé USB pour lui transférer des fichiers plutôt qu’un mail ou un lien e-transfer.

Ce sont autant de données qui seront effacées, donc d’espace mémoire qui seront libérés, donc de serveurs moins surmenés et donc moins chauds et donc moins d’émissions de gaz à effet de serre pour les refroidir !

En plus de vous faire gagner du temps, cette opération vous fait faire moins de clics et surtout moins de recherches internet qui généreront moins de données à stocker.

Comme nous l’avons dit plus haut, le hardware est pour l’instant ce qui pollue le plus. Donc pour limiter la surconsommation d’équipements informatiques (bien qu’elle soit déjà bien présente dans les pays développés), prenez soin de vos appareils ! En les gardant plus longtemps, vous faites des économies et vous aidez la planète 😉

Pensez à stocker en local ou sur des disques durs externes si vous voulez sauvegarder des données, vous désengorgerez un peu le cloud et ses serveurs.

C’est toujours ça en moins pour les serveurs !

En plus de prolonger la durée de vie de vos équipements, vous ferez des économies d’énergie et donc des économies financières et vous limiterez les émissions d’ondes pour les appareils en réseau dans votre habitat durant la nuit (il paraît que ce n’est pas bon pour la santé… affaire à suivre dans un prochain article !).

Quelques chiffres

  • Regarder un film en basse définition permet de consommer 4 à 10 fois moins d’énergie qu’un visionnage du même fichier en haute qualité (Greenpeace)
  • 9 milliards d’appareils électroniques dans le monde en 2010 (ADEME)
  • 47% des émissions de gaz à effet de serre mondiales sont dues au hardware (ADEME)
  • 22kg de produits chimiques, 240kg de combustibles et 1,5T d’eau sont nécessaires pour la fabrication d’un ordinateur portable (WWF)
  • 2% , c’est la part d’internet dans les émissions totales des gaz à effet de serre sur un an (WWF)

Quelques sources

  • Les chroniques du Professeur Feuillage, chaîne Youtube alliant humour et sensibilisation aux problématiques écologiques : vidéo sur La Pollution du Web
  • Les chroniques du Professeur Feuillage, Green Web, série de 4 vidéos plus détaillées avec la participation d’autres Youtubeurs bien connus du public français

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