Zéro Déchet

Le recyclage

Pourquoi ne pas recycler ?

Cette première partie peut vous interloquer mais je pense qu’il est important de débuter par la non efficacité du recyclage avant d’aborder ses avantages. Car non, le recyclage n’est pas la solution miracle.

Lorsque j’aborde la question du Zéro Déchet avec mon entourage, une des premières choses que l’on me cite, c’est le recyclage. « Oui, moi aussi je fais ma part, on fait le tri à la maison ! »

ERREUR les amis !

Le recyclage, ce n’est pas la base du Zéro Déchet, loin de là ! Pour petit rappel, cette action n’arrive qu’en avant-dernière position de notre  guide des 5R, c’est une des dernières choses à faire subir à un déchet (pour rappel : avant de penser Recyclage, il faut penser Refus, Réduction et Réutilisation du produit ! Pour plus de détails : La règle des 5R)

Les raisons pour lesquelles le recyclage n’est pas si bien que ça sont multiples :

Recycler requiert une grande quantité de ressources pour transformer et reformer la matière. Le verre est chauffé à de très hautes températures, ce qui nécessite de l’énergie. Cette production d’énergie produit souvent du CO2 qui est relâché dans l’atmosphère et contribue au réchauffement climatique. On peut également penser aux litres d’eau utilisés (par exemple le nettoyage des bouteilles en plastique triées avant leur déchiquetage en granulés) ou encore tout le transport que subissent ces déchets. En effet, il est rare qu’un déchet soit traité et transformé au même endroit : bien souvent, il fréquente la poubelle de tri, puis le centre de tri une fois les poubelles collectées, parfois un 2e centre pour constituer des « balles » d’un même matériau, puis le hangar d’un « Recycleur » (une entreprise chargée de la transformation du produit en matière première) avant d’aller chez une entreprise qui va récupérer cette matière pour faire le nouveau produit, et enfin le transport jusqu’à nos supermarchés. Et toutes ces étapes à plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres les unes des autres…

On n’y pense pas souvent mais les déchets, ça coûte cher ! La gestion du tri des déchets est financée par la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) payée par les contribuables que nous sommes. Eh oui, le confort de voir disparaître le contenu de nos poubelles tous les jours vers une destination loin des yeux loin du cœur, ça se paie ! Et cette taxe ne fait qu’augmenter puisqu’il y a de plus en plus de déchets. Dans le coût de ces déchets, vous retrouvez également le coût de production, c’est-à-dire les achats de matières premières et la main d’oeuvre pour transformer cette matière qui deviendra un emballage puis votre déchet.

On est bien tous d’accord sur le fait que les poubelles, c’est moche et ça pue ? Eh bien la poubelle du tri sélectif reste une poubelle donc c’est pareil ! Plutôt que d’embellir nos villes et de libérer les trottoirs, nous, on préfère les encombrer de grosses poubelles malodorantes qui prennent beaucoup d’espace. Quelle tristesse… En tous cas, pour ma part, marcher sur la route encombrée de voitures le matin parce qu’il est impossible de marcher sur les trottoirs obstrués par les poubelles, ça m’agace fortement !

Il faut savoir, premièrement, que très peu de matériaux sont recyclables plus d’une fois. Le plastique ne sera recyclé qu’une fois (quand c’est un plastique recyclable bien sûr), le verre se recycle à l’infini s’il n’est pas coloré, etc… C’est tout autant de contraintes qui rendent les processus de recyclage pénibles et qui perdent rapidement en efficacité. C’est comme pour le linge : un vêtement, après plusieurs lavages, ne sera sans doute pas aussi doux, il aura peut-être déteint, rétréci… Il aura été transformé par le traitement intensif subi. Pour le recyclage, c’est la même chose : les produits recyclés perdent de leurs propriétés au fur et à mesure des transformations qu’ils subissent.

Il est fort probable qu’un certain pourcentage des déchets que vous allez mettre dans la poubelle de tri sélectif ne soit jamais recyclé. Un déchet qui s’échappe d’un camion, d’une benne, qui se retrouve ensuite sur le trottoir, dans le caniveau, puis les égouts et qui finalement atterrit dans l’océan, ça ne paraît pas si improbable que ça. Et hormis le problème environnemental détaillé ci-dessus, ce déchet va se décomposer dans l’océan et être ensuite assimilé (ou avalé si vous préférez) par les gentilles créatures qui peuplent ce milieu. Et c’est ainsi que le plastique (entre autres) réussit à infiltrer la chaîne alimentaire en contaminant l’un de ses maillons. Donc la question que nous sommes en droit de nous poser demain, c’est : qu’ai-je envie de consommer ? Qu’est-ce qui se trouvera bientôt dans mon estomac ? Car oui, ces déchets, nous les retrouvons malheureusement déjà dans nos assiettes (bon appétit !!)

Pourquoi recycler ?

Après ce laïus déprimant sur l’importance de ne pas recycler, je vais aborder avec vous les côtés positifs du recyclage (oui, bien sûr qu’il y en a quand même quelques uns). Il est vrai, malgré tout ce que je viens de dire, que le recyclage contribue à notre démarche écologique et environnementale car il y a un peu de réutilisation et de circuit circulaire là-dessous.

Bref, voici quelques raisons qui font du recyclage un geste qui contribue malgré tout à la sauvegarde de notre planète :

Il va de soi qu’il est préférable pour notre planète que nos déchets finissent dans un centre de recyclage où ils pourront avoir une seconde vie plutôt que dans les océans ou dans les décharges où ils mettront des centaines d’années à se décomposer et à polluer nos sols et nos eaux. De plus, la matière première ainsi générée est une matière première qui n’aura pas été prélevée dans nos sols.  Les ressources habituellement utilisées pour leur extraction sont alors économisées (je pense notamment à tous ces litres d’eau ou de gaz qui sont envoyés dans les puits de pétrole qui fracturent les sols et polluent les nappes phréatiques…). On peut également songer au coût de transport de cette matière. En effet, elle est bien souvent recyclée à l’échelle nationale ou dans les pays frontaliers alors que l’importation de matière première concerne des pays plus éloignés, ce qui implique un coût de transport plus élevé et donc une empreinte carbone grandissante.

La filière du recyclage crée de l’emploi et favorise l’économie locale. Il y a d’une part le tri et de l’autre le recyclage des déchets. Ce sont alors de nouvelles opportunités d’emplois et activités économiques autour de ces deux pôles. Cette filière a de l’avenir car pour l’instant, nous sommes encore et toujours dans un système de croissance des déchets, et il est fort probable que le nombre de centres de tri français (pour l’instant au nombre de 200) augmente dans les prochaines années à venir.

Mine de rien, l’écologie gagne du terrain et les acteurs du monde de demain sont bien vus. Le recyclage étant encore largement associé à l’idée de « bonne action pour la planète et pour mon prochain », ceux qui recyclent sont en général bien vus (et inversement). C’est le cas pour les entreprises : si elles ont réussi à mettre en place une politique de recyclage au sein de leurs locaux ou sur leurs chantiers, elles n’hésitent pas à le mettre en avant sur leur site internet. Bon, parfois, reste à savoir si c’est du concret et pas uniquement de la publicité mensongère… Mais toujours est-il que si tout le monde recyclait, ce serait déjà mieux que les incinérateurs ou les décharges donc le recyclage peut être un argument politique dans certains cas pour faire changer les choses.

On va pas se mentir, les déchets dans les rues, ce sont des nids à microbes ! Mais les laisser se décomposer dans les décharges, ce n’est pas mieux pour la santé non plus. En effet, dans les décharges, les déchets produisent ce qu’on appelle du jus de décharge (aussi appelé « lixiviat »). Avec le ruissellement, ces plastiques et autres matériaux décomposés se retrouvent dans nos nappes phréatiques et nos sols, intégrant de cette manière notre chaîne alimentaire. En réduisant la quantité de déchets type « ordures ménagères », le recyclage nous permet donc d’une certaine manière de réduire les problèmes de santé indirectement liés à ces lixiviats.

Recyclable ? Non recyclable ?

Difficile de savoir distinguer de nos jours ce qui est recyclable de ce qui ne l’est pas… Lorsque je jette un emballage, quelle partie de cet emballage va dans quelle poubelle ? C’est parfois un vrai casse-tête alors que l’intention est bonne. Très frustrant, je vous comprends !

Si vous voulez bien trier, sachez avant tout que cela dépend de votre commune. Eh oui, malheureusement pour nous citoyens, le jour où le recyclage sera homogénéisé à l’échelle de la planète n’est pas encore arrivé (mais la France y travaille) ! Selon la région, la commune ou la ville, chacune aura son système de gestion des déchets et donc son propre code couleur pour les poubelles de tri. Si vous voulez être efficace dans votre recyclage, la meilleure chose que vous puissiez faire est donc de vous renseigner auprès de votre mairie ou bien sur son site internet.

Une seconde source d’information que je trouve très pratique et très facile d’usage, c’est le site https://www.consignesdetri.fr/ : si vous avez un doute sur un emballage, vous n’avez qu’à interroger le site ! Il vous répondra en fonction de votre localisation.

Je tiens à préciser que la plupart des objets ne peuvent être jetés dans ces poubelles de recyclage et doivent souvent subir des traitements plus spécifiques (bien souvent à cause des propriétés chimiques des matériaux spécifiques qui les constituent). Voici donc ci-dessous un petit récapitulatif des emballages recyclables en France :

  • Le verre : bouteilles, bocaux, pots,… Le verre d’emballage se recycle “à l’infini” !
  • Le papier et le carton : livres, cahiers , enveloppes (inutile de s’embêter à enlever les agrafes, les spirales, etc… laissez-les tels quels dans la bonne poubelle !) mais aussi cartons de pizza (même souillés), briques alimentaires…
  • Le métal : les emballages en aluminium et en acier, donc toutes les boîtes de conserve, les canettes, les opercules et couvercles métalliques…
  • Le plastique : les contenants en plastique qui correspondent aux plastiques 1 (PET) et 2 (PEHD), tous les autres numéros ne se recyclent pas encore en France… Attention sur les idées reçues, les pots de yaourts, les briquettes de crème fraîche ou les films plastiques entourant les packs de bouteilles d’eau (pour n’en citer quelques-uns) ne se recyclent pas !

En règle générale, pour tout le reste, c’est soit une poubelle plus spécifique (à déposer en déchetterie), soit malheureusement la poubelle des ordures ménagères.

Mais encore une fois, recycler n’est pas la solution !! Mais c’est déjà mieux que tout brûler dans un incinérateur et tout laisser décanter en décharge 😉

Et une dernière petite chose, voici 3 gestes simples du recyclage que vous pouvez appliquer dès à présent (à vérifier tout de même si ça colle avec la politique de gestion des déchets de votre ville) :

  • Ne pas laver les emballages (économies d’eau et de toute façon les déchets sont nettoyés avant d’être transformés)
  • Ne pas retirer les bouchons sur les bouteilles (ça dépend vraiment des villes sur ce point-là, et n’oubliez pas que les bouchons sont parfois récupérés par des associations comme Bouchons d’Amour pour des actions humanitaires en France et à l’étranger, ce qui est une autre façon de gérer son déchet 😀 )
  • Ne pas imbriquer les emballages les uns dans les autres (cela gêne le processus de tri)

Les symboles

Si le recyclage est aujourd’hui encore si peu efficace, c’est en partie dû au fait qu’à l’échelle individuelle, c’est l’incompréhension totale avec tous ces symboles différents aux sens différents ! Voici donc un petit récapitulatif sur ce que vous devez savoir à propos de ces symboles pour y voir plus clair et mettre vos déchets dans les bonnes poubelles :

Le point vert : Ce symbole ne signifie pas, absolument pas, que l’emballage est recyclable ! Cela signifie uniquement que l’entreprise qui vend le produit et son emballage participe financièrement au recyclage.

Le triman : Lui, en revanche, veut dire que le produit est recyclable. Ce logo a été créé pour signifier qu’une consigne de tri existe au sujet du déchet que vous vous apprêtez à jeter et que l’entreprise fait un effort pour le tri et le recyclage. Toutefois, il ne vous précise pas comment bien recycler votre déchet.

Le tidy man : à ne pas confondre avec le logo précédent, le tidy man ne signifie rien de plus que « merci de ne pas laisser traîner ce (votre) déchet sur la voie publique ». Bref, trouvez une poubelle et ne le jetez pas dans la rue.

L’info tri : Là on rentre dans le vif du sujet car c’est LE logo que vous devez guetter, celui qui vous permettra de savoir quelle partie de votre déchet va dans quel poubelle. Le plus utile quoi ! Mais encore une fois, gardez un œil critique là-dessus en fonction de la politique de tri de votre ville qui fait foi.

Le ruban de Mobiüs : Symbole universel du recyclage, il indique que le produit peut être recyclé car il est fabriqué à partir de matériaux recyclables ou qu’il a été fabriqué à partir de matériaux recyclés (si c’est le cas, la teneur en matériaux recyclés est indiquée par un pourcentage dans le ruban). Mais il n’est pas dit pour autant qu’il sera effectivement recyclé (vous voyez la nuance ?). Les numéros qui peuvent apparaître à l’intérieur du ruban sur les emballages en plastique indiquent le type de plastique qui constitue l’emballage.

Il existe d’autres symboles mais voici les plus importants d’entre eux !

Quelques chiffres

  • 21% des déchets ménagers français sont recyclés (ADEME)
  • 14 milliards d’euros dépensés chaque année pour la gestion des déchets en France (Planetoscope)
  • 1 tonne de briques alimentaires recyclée = 0,13 tonnes eq. CO2 économisées
  • 1 tonne d’aluminium recyclée = 6,89 tonnes eq. CO2 économisées (EcoEmballages)

Quelques sources

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